Illustration : Lindigo

Musique

Lindigo

BAT'CARRE N°3 | Propos recueillis par Guillaume Peroux - Photo : Laurent Benhamou -

Lindigo diffuse depuis 1999, date de sa formation, un maloya tourné vers Madagascar, ancré dans les héritages du passé, mais aussi résolument contemporain.

Depuis 1999, quel chemin parcouru ! Peux-tu nous résumer les points qui ont marqué l’ascension du groupe ?

Olivier : On a commencé par la sortie de notre premier album "Misaotra mama" en 2004, puis la sortie de notre deuxième album "Zanatany" avec le tube "La Kazanou" qui a fait le tour de l’île, des discothèques...
Révélation de l'année pour le Sakifo 2006, et une première tournée à Paris au festival Africolor.
Il y a aussi plusieurs tournées, le Festival Gnawa au Maroc, en Belgique, une très belle tournée à Madagascar, un deuxième Africolor, le Fan festival au Brésil en 2009.
La sortie de notre troisième album "Lafrikindmada"en 2008.
Une création "Umqombothi kabar" avec la troupe sud africaine les Via Kathleong et les tournées dans les salles métropolitaines (Paris, Velizy, Toulouse...)

Il y a eu aussi le Paléo festival de Nyon en Suisse,  en passant par les festivals kréol de Maurice, Seychelles, Rodrigues. 
Cette année en février avec une tournée au Brésil au Porto Musical (festival des professionnels de la musique, territoire Amérique du Sud et Nord), ainsi qu’en novembre une tournée en Australie au AWME (festival des professionnels de la musique, territoire Australie et Asie) et la sortie de notre petit dernier "Maloya Power"!

Le maloya de Lindigo franchit les frontières, mais en plus sait toucher la jeunesse. Quel est le secret de cette alchimie ?

Olivier : C'est peut être notre côté dynamique...
On s'aide du souvenir pour être au plus près de l'authenticité du maloya.
On prend le côté positif et on le met à notre sauce, c'est peut être ça ??...

" MALOYA POWER " est le 4ème opus du groupe, est-ce celui d’une certaine maturité ?

Olivier : On peut dire ça, d'une certaine façon, avec tous les voyages qu'on a pu faire, on s'est rendu compte de l'impact du maloya,  c'est une musique forte qui touche. Le fait de rencontrer des gens qui ne connaissent pas le maloya et de voir leur réaction, c'est vraiment fort !

On est toujours dans l'optique de faire vibrer le maloya hors frontière et apparemment ça nous réussit.
Beaucoup de rencontres aussi, les Via Kathleong, danseurs avec qui on fait création, Fixi de Java qui nous donne beaucoup en expérience et qui est musicalement proche de ce qu'on fait,
DJ Dan qui mixe nos morceaux et nous donne une nouvelle facette de notre son, au Brésil dans les différentes Casa Do Samba.

Vous revenez tout juste d’Australie, comment le public vous a accueillis là-bas ?

Olivier : C'était tout simplement fantastique ! Les gens ont été très réceptifs et ils nous l'ont bien rendu ! "it's magic show", ils ont repris en coeur notre "Lafrikindmada"!
On peut vraiment parler d’un bon accueil pour le Maloya Power

Comment définirais-tu le " pouvoir du Maloya " ?

Olivier : Ce n’est pas un pouvoir, c'est une force... Dans tous les pays où l’on est parti le jouer, les gens ont été touchés par lui, on ne sort pas indemne d'un bon concert de maloya!
C'est une langue universelle...

Et le Maloya de Lindigo en particulier ?

Olivier : Ah, un bon cuisinier ne donne pas sa recette... Non je plaisante, on reste simple, on aime ce qu'on fait, on garde les pieds sur terre...

" Quand tu sais d’où tu viens, tu sais où tu vas " est la devise du groupe… Alors pour le futur proche, vous savez où vous allez ?

Olivier : Déjà on répondra présent aux dates du mois de décembre à La Réunion. Le maloya nous remplit chaque jour, il est notre ligne de conduite, on va là où il nous emmène...
Les prochaines tournées seront en direction de Paris, des Etats-Unis ou encore d’Afrique du Sud.