Illustration : Portrait habitant Océan Indien
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Océan Indien

COI : un nouveau modèle de société

BAT'CARRE N°10 | Texte : Francine George - Photos : Serge Marizy -

Le 28e Conseil de la COI, qui s'est tenu le 17 janvier dernier à Mahé, a acté la passation de présidence, entre Jean-Paul Adam, chef de la diplomatie seychelloise et Mohamed Bakri, chef de la diplomatie comorienne.

Le Conseil a donné carte blanche au nouveau secrétaire général Jean-Claude de L'Estrac qui a présenté ses chantiers prioritaires pour les quatre années à venir, avec à la clé un budget conséquent de plus de 200 millions d'euros mis à disposition.
Une nouvelle étape est franchie, il n'est plus question de défensive, mais d'offensive en propulsant cette entité indianocéanique en zone d'excellence tant sur le plan humain, que sur le plan du développement et de la protection de l'environnement. La consolidation de l'Indianocéanie n'est pas une utopie, elle est basée sur des projets concrets pour  "une meilleure coopération économique et commerciale, avec les installations de base, les routes maritimes, la technologie de communication adaptée, et surtout la stabilité politique".
Basé sur une coopération régionale renforcée, le premier domaine d'intervention qui revient à Jean-Claude de l'Estrac en personne est la garantie d'une stabilité politique sans laquelle aucune stratégie de développement n'est possible. Très soucieux d'aider Madagascar à la sortie de crise, la COI intervient dans le processus de soutien et de facilitation pour accompagner la mise en place des élections présidentielles.

Autre fer de lance du développement durable et du bien-être des populations, la sécurité alimentaire : " Chacune de nos îles peut apporter une valeur ajoutée aux autres. Notre région importe chaque année près de 2 millions de tonnes de produits alimentaires, en provenance de pays parfois très lointains : le riz de Thaïlande, le maïs séché d'Argentine, le poulet du Brésil... Avec 90 % des terres arables de la région, Madagascar peut devenir le grenier des îles de l'océan Indien et le pilier du projet de sécurité alimentaire que nous voulons lancer cette année. Le problème est réel, l'ONU évoque l'imminence d'une nouvelle crise alimentaire mondiale. "

Pour ce faire, l'amélioration des connexions maritimes, aériennes et numériques est indispensable. Un projet de création d'une compagnie maritime régionale est en cours. De la même façon, une conférence régionale sur les transports aériens va avoir lieu. " Les petites compagnies nationales n'ont pas les moyens de leur ambition. Elles sont toutes déficitaires. Elles abandonnent les routes les moins rentables et c'est autant de marchés touristiques qui se réduisent. Le bon sens voudrait qu'elles fusionnent pour devenir AIR OCÉAN INDIEN. "
 

Une double chance  à saisir

Pour Jean-Claude de l'Estrac, l'Indianocéanie est doublement chanceuse : " Chanceuse de par l'histoire de ces peuples d'horizons divers, dont la rencontre dans ce bassin îlien irrigue de leur sang nos généalogies imbriquées. Ce socle commun fait de l'Indianocéanie une région résolument moderne parce que métisse. L'Indianocéanie est aussi chanceuse parce qu'elle est au c?ur du monde de demain, entre les pôles de croissance que sont l'Asie et l'Afrique, sur une route des échanges qui s'intensifient. C'est une plate-forme naturelle qui peut se différencier dans un monde en compétition. L'Indianocéanie est le tremplin de nos économies. "

Les autres projets d'envergure sont centrés sur les ressources de l'environnement et l'espace maritime qui représente cent fois la superficie des terres émergées. Les programmes sur la pêche vont trouver leur prolongement avec la mise en place de programmes de valorisation et de commercialisation. La protection de l'environnement est conçue comme " un levier de croissance " et non comme une contrainte. Dans cet esprit, des programmes importants viennent d'être signés dont celui financé par L'Union Européenne à hauteur de 15 millions d'euros afin de promouvoir les énergies renouvelables et l'efficacité énergétique dans les pays de la COI. Un autre projet de surveillance satellite vient d'être mis en place pour apporter des informations sur les cycles de l'eau, la détérioration des sols, la pollution marine, l'érosion des zones côtières...

Jean-Claude de l'Estrac souligne que la COI s'appuie sur un réseau d'universitaires et de scientifiques de 385 personnes et son objectif est de créer " un espace de recherche Océan Indien " pour renforcer leurs contributions au développement durable de la zone face aux défis climatiques, à la raréfaction des matières premières, à la gestion des catastrophes naturelles...

Pour finir, la nécessaire appropriation et le rapprochement des habitants de cet espace Indianocéanique passent par une forte prise de conscience de son histoire, de son patrimoine : " Mais ces richesses sont souvent peu connues alors qu'elles sont le  ciment de notre identité. C'est la raison pour laquelle nous avons élaboré une stratégie régionale en partenariat avec L'UNESCO et nous devons passer rapidement à un programme d'actions culturelles. Un autre projet me tient à c?ur, c'est la  création d'une chaîne de télévision régionale. Elle contribuera à faire vivre l'Indianocéanie, en affirmant sa singularité et lui donnant plus de visibilité sur le plan international."


À découvrir :

- Le site internet de la COI : http://politics.ioconline.org

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