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Océan Indien

COI : dans les marches de l'Histoire

BAT'CARRE N°10 | Texte : Francine George - Photos : Serge Marizy - Christian Vaisse - Hervé Douris -

La COI - Commission de l'Océan Indien - a été créée du temps de la guerre froide pour protéger la zone sud-ouest des îles de l'océan Indien, Madagascar, les Comores, les Seychelles, Maurice, La Réunion. Ni G8, ni ONU, la COI est un concept inédit d'organisation intergouvernementale qui vise à fédérer cette région où chaque île possède richesses, expériences, savoir-faire à partager, dans le but de préserver le bien-être des populations, et de faire face aux défis écologiques de demain, mais aussi d'exister en pôle d'excellence sur la scène internationale. Son nouveau Secrétaire Général, l'humaniste Mauricien Jean-Claude de l'Estrac, en fait son cheval de bataille pour les quatre ans à venir : " L'Indianocéanie en tant qu'entité géographique, culturelle, économique et écologique, est à la fois le socle et le tremplin de notre devenir. "


 

L’aventure commence en 1982 à Port-Louis, se concrétise en 1984 par l’accord de Victoria aux Seychelles et se finalise en 1986 avec l’adhésion de la France/Réunion et des Comores. Ainsi, les cinq îles de l’Océan Indien – Maurice, Les Seychelles, l’Union des Comores, Madagascar, La Réunion – unissent leur force au sein de la COI – Commission de l’Océan Indien – pour développer une coopération régionale solidaire et fructueuse.

Jean-Claude de l’Estrac, père fondateur et actuel Secrétaire Général de la COI,  revient sur l’origine politique de cet accord dans le contexte de la guerre froide au moment où l’Union Soviétique essaye de développer son influence dans les anciennes colonies occidentales : " Cette partie de l’Océan Indien voulait se positionner en zone de paix et refusait d’entrer dans le jeu Est - Ouest. Il s’agissait, dans un premier temps, de nous protéger en sortant de la politique des blocs sans avoir à suivre le mouvement des Non-Alignés. Le gouvernement des différentes îles menait alors une politique de gauche progressiste. "

Puis, naturellement, au réflexe de survie politique s’ajoute celui de la survie économique : " Aucune de ces îles ne peut rester un îlot de prospérité dans une mer de sous-développement. Il faut exister en tant que région ", souligne encore Jean-Claude de l’Estrac : " Le constat est évident, nous sommes des petites îles isolées et, individuellement, nous ne pesons d’aucun poids sur la scène internationale, mais regroupées autour de la COI, avec ses vingt-cinq millions d’habitants, six cent mille kilomètres carrés, cinq millions de km2 de Zone Économique Exclusive ( ZEE) et les richesses qui y sont enfouies, nous avons là matière à exister en tant qu’entité régionale. " D’où cette volonté de réunir ces cinq îles en un espace solidaire qui a une communauté de destins à partager.

Face aux enjeux liés à la mondialisation des échanges, aux nouveaux défis climatiques, alimentaires, énergétiques, environnementaux, il devient nécessaire de fédérer l’intelligence collective, de mutualiser les ressources, et de dynamiser la coopération de proximité. D’autant que d’autres organisations de coopération régionales telle que la SADC1 et la COMESA2 s’activent, elles aussi, sur la scène internationale. " L’heure n’est plus aux antagonismes ni à la défense des intérêts particuliers qui seront bientôt engloutis dans la marche inéluctable vers la mondialisation ", stipule Jean-Claude de l’Estrac.

Plateforme de défense des intérêts insulaires, les domaines d’intervention de la COI couvrent la diplomatie en tout premier lieu et la recherche d’une stabilité politique, l’économie, le commerce et les infrastructures, la pêche et l’agriculture, l’environnement, la protection des ressources naturelles et la prévention des risques, la culture, la sécurité, l’éducation et la santé.

Photo © Serge Marizy

 
Le maillage des solidarités en plusieurs étapes

En 1989, le colloque de Mahé institue un secrétaire général chargé de développer les échanges économiques et décide que le siège de la COI sera basé à Maurice. Les années 1990 sont consacrées à la préservation de l’environnement et la gestion durable des ressources marines et côtières. À partir des années 2000, la défense des intérêts insulaires conduit à s’appuyer sur des soutiens technologiques et financiers internationaux.
En 2005, de nouvelles orientations posent les bases d’un cadre d’intervention dans la coopération politique, économique, le développement durable et le renforcement de l’identité culturelle. En 2008, la vocation économique de la COI est renforcée dans le but de servir de levier à ses États membres.
En juin 2012, au sommet de la Terre - RIO +20 – la COI a fait entendre sa voix et posé les jalons de coopération interrégionale sur le changement climatique avec les Caraïbes notamment.

Au demeurant, la COI compte à son actif une cinquantaine de projets aussi variés que des programmes de prévention contre la pollution marine, d’adaptation aux changements climatiques, de prévention des risques, de programme régional des pêches, d’unités anti-pirateries, de sécurité maritime, de gestion durable des zones côtières, de prévention sanitaire, d’inventaires des plantes aromatiques et médicinales, de coopération en matière de sécurité civile, de développement touristique, de manifestations culturelles, d’observatoire des droits de l’enfant…

Photo © Hervé Douris

Photo © Serge Marizy                                Photo © Christian Vaisse                      Photo © Hervé Douris


SADCCommunauté de Développement de l’Afrique Australe – créée en 1992
COMESAMarché Commun de l’Afrique Australe et Orientale – créé en 1998


À découvrir :

- Le site internet de la COI : http://politics.ioconline.org

- La Commission de l'Océan Indien en vidéo :

Film COI © Indian Ocean Commission IOC

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