Illustration : Jean-Claude de l'Estrac

Océan Indien

COI : Portrait de Jean-Claude de l'Estrac

BAT'CARRE N°10 | Texte : Francine George - Photos : Florence Wallemacq -

Nouveau Secrétaire Général élu en 2013, Jean-Claude de l'Estrac, le visionnaire pragmatique...

 
Jean-Claude de l’Estrac,  le visionnaire pragmatique

Le nouveau Secrétaire Général, élu en juillet 2012, oeuvre depuis trente ans à la construction et au développement de la COI. Homme politique d’envergure, il a été à la fois leader de l’opposition et membre du gouvernement mauricien, et c’est en tant que ministre des Affaires Étrangères qu’il en a initié les premiers pas. Homme de lettres, auteur d’une trilogie remarquée sur l’histoire politique de Maurice1, il a également dirigé le puissant groupe de presse mauricien " la Sentinelle ", dont il est resté Président du Conseil d’Administration jusqu’en décembre 2012. Fortement charismatique, il entraîne dans son sillage ceux qui veulent, au sein de la COI,  construire un nouveau monde.

Certes visionnaire et humaniste, Jean-Claude de l’Estrac est avant tout un homme d’action, pragmatique, qui ne supporte pas l’amateurisme. Autant dire qu’avec lui, pendant quatre ans, la COI va tourner à plein régime !

Le 17 octobre 2013, lors de la Conférence de coopération régionale de la zone océan Indien qui s'est tenue à La Réunion, Jean Claude de l'Estrac a livré un véritable plaidoyer en faveur des Organisations régionales.

En substance, il fait le constat suivant :

"L’impact du changement climatique sur des îles au développement fort contrasté, notre éloignement des centres mondiaux de décision, l’étroitesse de nos marchés intérieurs, la dépendance de notre région aux routes aériennes et maritimes, notre absence sur la carte mondiale de la recherche et du développement, enfin notre surexposition à la piraterie et à la fragilisation de certains Etats d’Afrique de l’Est, dessinent à grands traits les contours de la vulnérabilité de l’Indianocéanie.

Face à ces données, les économies d’échelle et la mise en réseau de nos forces sont capitales. C’est là tout l’objet de la coopération régionale. Mais nous coopérons, d’abord, parce que l’Indianocéanie est notre grande patrie, qu’elle constitue une civilisation bâtie sur une histoire commune, sur un mélange de races respectueux de tous et sur une langue, le français, qui nous donne envie d’échanger."

En soulignant les objectifs prioritaires pour créer les conditions d'un développement accéléré des régions de l'indianocéanie :

  • D’abord, mettre fin à notre marginalisation croissante dans les échanges commerciaux. Nous subissons des coûts de transport exorbitants qui entravent notre compétitivité. Je l’ai dit à plusieurs reprises, la création d’une compagnie régionale maritime regroupant des intérêts publics et privés et la montée en puissance d’un grand port d’éclatement indianocéanien sont les seules réponses à ce défi.

  • Améliorer, ensuite, significativement notre desserte aérienne pour en finir avec sa fragmentation qui pénalise notre industrie touristique. La COI publiera bientôt un document - " Les ailes de l’intégration régionale " -  dont j’espère qu’il marquera le début d’un mouvement vers la rationalisation de notre transport aérien.

  • Donner accès à notre région au service de larges bandes passantes, constitue également une condition sine qua non  de notre diversification vers les services et l’économie de la connaissance.

  • Enfin, il convient de se préparer à assurer la sécurité alimentaire de l’Indianocéanie en exploitant, le jour venu, le potentiel agricole de Madagascar pour mettre fin à notre hyper dépendance aux importations.


Et, pour ce faire, en mettant en relief le nécessaire appui de l'Union Européenne  :
"L’Indianocéanie a un besoin impérieux de l’Union européenne et le 11ème FED constituera l’instrument clé de notre coopération future...Mais nous ne progresserons pas dans nos politiques d’intégration régionale en replaçant les États au cœur du processus. Le régional appelle naturellement le régional...J’en veux pour preuve quelques exemples :

  • Quelle politique de filière peut-on mettre en œuvre en matière de traitement des déchets si ce n’est à l’échelle régionale

  • Quel futur pour l’énergie, le tourisme, la protection de la biodiversité, les pêches, si au dialogue de Bruxelles avec l’Indianocéanie se substitue un échange inégal avec nos capitales ?

  • Eh puis, la sortie de crise politique à Madagascar, n’est-elle pas, dans une large mesure, le résultat  de l’action diplomatique de nos organisations régionales ?


Alors, plutôt que de diluer les acquis, j’appelle au contraire à concentrer les forces et à chercher les effets de levier…Il est essentiel de caler les deux instruments que sont le FED et le FEDER, pour éviter de se perdre dans un cauchemar bureaucratique."

 
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