Illustration : Lolita Monga
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Rencontre

Lolita Monga : la grande dame et son clapotis des mots

BAT'CARRE N°11 | Texte : Francine George - Photos : Sébastien Marchal -

Lolita Monga, tout à la fois auteur, actrice et metteur en scène, est reconduite pour la troisième fois à la tête du Centre Dramatique de l'Océan Indien, autrement nommé Théâtre du Grand Marché. Depuis 2010, elle est la première femme réunionnaise à diriger, seule, une salle de cette envergure. Comme tous les Centres Dramatiques, ses missions sont multiples, en tout premier lieu la création, puis la programmation, le travail à la sensibilisation des publics et la formation. Lolita Monga y ajoute la décentralisation des spectacles en créant des formes itinérantes, en travaillant avec des écoles, des associations, des quartiers pour faire découvrir le théâtre et pour susciter des vocations. Un lourd travail de l'ombre où elle imagine sans cesse des ponts, des lieux d'échanges et de ressourcement. BAT LA LANG, le mois des auteurs, s'inscrit dans cette démarche de rencontre et de proximité avec le public.
Tout le monde se souvient de son extraordinaire parcours théâtral, poétique, émouvant, fantaisiste qu'elle a créé en 2012 pour le centenaire du musée Léon Dierx.

Sa carrière fulgurante débute à Lyon où elle fait ses premières armes, se poursuit avec la fondation de la scène des Bambous et sa compagnie Acte 3 avec Robin Frédéric où, déjà,  elle produit des pièces qui sont représentées à La Réunion, en métropole et à l’étranger. Elle continue son ascension au théâtre du Grand Marché où ses pièces, Paradise, Majorettes… font salle comble.  

Lauréate de nombreux prix, de résidences d’artistes, de bourses d’écriture, le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, en 2011, complète son palmarès en lui remettant l’insigne de chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres : " parce que vous avez depuis plus de quinze ans été l’une des âmes vivantes du théâtre à La Réunion, parce que vous avez su faire souffler un vent de liberté et de poésie sur le théâtre. "

Il est vrai qu’avec sa grande chevelure auburn, Lolita Monga enflamme la scène de son aura, pugnace, humaniste, énergique, prolifique, rêveuse et toujours dans l’esthétique des mots. La femme dramaturge, une vingtaine de pièces à son actif, est aussi une femme engagée, présidente du SYNDEAC1, elle milite pour que la culture s’enracine dans toutes les strates de la société réunionnaise et elle est, bien évidemment, très fière de son île.

Ses thèmes de prédilection gravitent autour des " petits riens " qui reflètent la profondeur du quotidien, ses personnages, telle une peinture de Caravage, incarnent les champs du réel avec leurs joies, leurs tristesses, leurs interrogations et leurs violences aussi, parfois. Lolita Monga invente un théâtre de l’humain, proche du public à la manière de Peter Brook, modelé par une nouvelle langue dans un univers de musicalité qu’elle fait rayonner sur les scènes d’ici et d’ailleurs.

Le clapotis des mots est une expression que Lolita Monga, fille de l’île, aime bien, car elle se rattache à la mer. Suivons-la, dans ce parcours singulier, comme le Petit Poucet trouve son chemin de mots en mots.

 VOCATION


Je suis née à Saint-Denis et j’ai passé mon enfance à La Redoute. Je suis l’aînée d’une famille de trois enfants, ma sœur a 11 mois de différence avec moi et mon frère, 10 ans. Quand j’étais toute petite, il n’y avait pas de théâtre à La Réunion, il y avait seulement Au théâtre ce soir à la TV. On était toujours à se raconter des histoires, ma sœur et moi, on était toujours dans un film. Il y avait à la TV une série Les chevaliers du ciel, on prenait nos draps et on s’amusait à tomber du ciel, on s’inventait des rôles, on avait beaucoup d’imagination. On fabriquait des spectacles et tous les mercredis on invitait nos parents à voir notre création de la semaine. On était très fans de spectacles de cirque et on s’inventait de faux numéros de cirque, on jouait aux équilibristes sur une corde. Depuis toute petite, j’ai toujours écrit des poèmes, des chansons. J’ai été une enfant qui n’en faisait qu’à sa tête, mais mes révoltes m’ont permis de tracer mon chemin et de vivre ma passion. Une passion qui n’a jamais été contrariée par mes parents qui ont été ouverts et bienveillants.


 LECTURE


Ma mère aimait beaucoup les livres, il y en avait beaucoup à la maison et j’adorais lire. Je lisais tout ce qu’il y avait à la bibliothèque, les romans classiques, Le rouge et le noir ;  Les mémoires d’outre-tombe… je dévorais tout ce que je trouvais ! Lorsque j’aime un auteur, je lis toute son œuvre.

Quand on est dans les mots, on a envie de les vivre.


 DÉBUT


J’ai toujours voulu partir, même si avec mes parents on a beaucoup voyagé. J’avais envie de découvrir le monde ! J’imaginais un tas de choses derrière la notion de voyage, c’était toujours mieux ailleurs. J’ai donc prétexté aller faire mes études en métropole, je me suis inscrite à un BTS d’action commerciale à Lyon, un alibi pour partir. J’avais dix-neuf ans.
J’habitais Villeurbanne, juste à côté du théâtre de l’Iris. Un jour, je suis entrée et je me suis inscrite au cours tout en poursuivant mes études de socio. Puis, j’ai travaillé au théâtre à Lyon et j’ai eu mon garçon qui a maintenant 21 ans.
Je suis restée huit ans en métropole, et je suis revenue à La Réunion. Un matin, je ne me sentais pas bien et j’ai décidé de revenir pour voir si j’allais rester.
 

 MÉTIERS


Au départ, j’ai commencé à travailler pour la ville de Saint-Denis et très vite, j’ai fondé la compagnie Acte 3 avec Robin Frédéric. J’étais en résidence à Saint-Benoît au théâtre des Bambous et j’ai écrit ma première pièce Le vieux rêve. C’est parti d’une observation à l’aéroport alors que j’attendais un comédien, j’ai regardé autour de moi, la gestuelle, les retrouvailles et c’est parti de là. La pièce a bien fonctionné et ça m’a donné envie de continuer. Ensuite, je me suis concentrée sur le rôle de comédienne. Je me souviens très bien, la première fois où je suis montée sur scène, je tremblais, j’étais effondrée, j’avais chaud, j’avais froid…au bout de cinq minutes, je me suis rendu compte que je n’étais pas morte et j’ai continué !
J’ai codirigé les Bambous avec Robin pendant cinq ans, j’étais auteur, comédienne et metteur en scène des créations de la Compagnie Acte 3.  Ce n’était pas évident de concilier les trois métiers. En France, on est très spécialisé, plus que dans d’autres pays. Au début, on me disait il vaut mieux faire une seule chose bien et ne pas prendre le risque de mal faire plusieurs choses à la fois. Mais, j’étais décomplexée, et je trouvais que ces trois métiers étaient complémentaires et très différents à la fois et ça me plaisait.
Bon, ce n’était pas systématique, la mise en scène, ça vient avec le temps. Les costumes, ça m’intéresse aussi, je rêve de faire des costumes, mais la technique, ce n’est pas mon truc !


 SYMBIOSE


Je ne réfléchis à rien en écrivant. Je ne veux pas me mettre de barrières, je ne veux pas avoir d’images sur le spectacle ou des comédiens en tête.
Je ne veux pas bricoler mon imaginaire.
J’ai toujours écrit sans penser à la suite. En même temps, je fais partie de cette famille de théâtre, je suis comédienne et j’aime jouer des formes différentes de théâtre. Alors, quand j’écris, je reste quelqu’un du plateau et j’écris pour les corps des acteurs.
 

 ÉCRITURE


Je ne prétends pas analyser la société, c’est plus une écriture paysage, une peinture de ce que les gens vivent au quotidien, leur joie, leur frustration, leur colère. Laisser parler les petites choses, ces petites choses qui racontent les grandes.
Au début, je racontais beaucoup d’histoires. Maintenant, de moins en moins, c’est plus ouvert. Je laisse une place au public pour que les gens se questionnent. Il n’y a aucun intérêt à trouver le coupable, ce qui important c’est que tout le groupe se sente concerné, que tout le monde se sente responsable.
 

 INSPIRATION

Ça dépend des pièces, ça tourne autour des gens, du monde dans lequel je vis.

Pour Majorettes, on parlait de fanfares dans le nord de la France. J’ai été majorette dans le quartier lorsque j’étais petite. J’ai pensé aux femmes seules, et ça s’est très vite maillé, un clan dans un quartier, des femmes qui prennent en main l’avenir du quartier, continuer à rêver et à rester debout…

Pour Paradise, c’est parti d’une image qui m’a frappée après le cyclone, j’ai vu depuis le pont cette jeune fille dans la ravine qui remontait le courant d’eau boueuse. J’ai raconté ça autour de moi et tout le monde s’est mis à raconter des histoires de disparus, ça grouillait, il y avait là une effervescence incroyable, chacun racontait sa propre vie à partir de ces disparus. C’était magique !

En général, je ne sais pas trop d’avance ce que je vais écrire, je n’ai pas d’histoire a priori. Je suis touchée par les petits riens du quotidien qui font la vie. Je pique des phrases, j’écoute la radio, j’écoute les gens, je laisse mes oreilles traîner. Je peux écouter trois conversations en même temps.

L’inspiration  peut aussi venir d’une image, une situation dans un train ou ailleurs qui me marque. Une lecture dans le journal, comme Vénus, cette histoire incroyable de cette jeune femme africaine arrachée à son pays et exhibée dans les foires puis après sa mort disséquée sans vergogne.
 

 RAYONNEMENT

Le problème de toutes les compagnies, c’est de sortir de l’île, et même sur l’île, on ne joue pas énormément. Autour de nous, dans l’Océan Indien, c’est difficile, le pays est en difficulté financière. Ce que j’écris est un théâtre de texte pas un théâtre visuel ou de mouvement, c’est un peu compliqué pour les tournées. À Colmar, Paradise était, par exemple, sous-titré.
Je m’évertue à tisser des liens et renforcer les réseaux avec la métropole. Nous sommes en réseau avec les Centres dramatiques de Colmar et de Nancy. Majorettes cette année est programmée à Colmar, Nancy, Poitiers, en Guadeloupe, et d’autres lieux encore.
 

 AVIGNON

On a joué beaucoup de nos spectacles à Avignon, c’est un format lourd, c’est cher. Par contre, pour le CDOI c’est essentiel, les rencontres, la découverte de nouvelles créations. Avignon reste un festival unique, un rendez-vous incontournable pour les artistes, les programmateurs . Dans la jungle qu’est devenu ce festival en quelques années, il est difficile de se faire une place. Cette année, nous emmenons Katerpillar, spectacle en partenariat avec Cyclones production, la Fabrik parce que cette proposition artistique est originale, pertinente et qu’elle peut trouver un écho. On y croit et on espère qu’elle va trouver son public et voyager ! On sait que l’on peut affronter ce marathon !
 

 CDOI

TROISIÈME MANDAT - SEPTIÈME ANNÉE À LA TÊTE DU CDOI.
C’est génial d’avoir un toit. Le CDOI est un théâtre d’auteurs, la mission n°1 c’est la création, mais on ne s’occupe pas que de son projet, on accueille d’autres spectacles, on fait partager d’autres esthétiques qui ne sont pas les siennes. Je tourne moins autour de mon nombril !

On est au contact d’autres auteurs, d’autres metteurs en scène. Au CDOI, toute mon énergie est concentrée sur tous les spectacles que je veux défendre et pas seulement mes créations.

Dans une grande ville, le public est captif. Ici, il faut aller chercher le public. Mais ce n’est pas qu’à La Réunion, dans beaucoup d’endroits, c’est pareil.

L’inconvénient, c’est qu’un Centre dramatique est très convoité, il faut savoir dire non et ça ne fait pas toujours plaisir.  

La direction du CDOI, c’est aussi tout l’aspect politique, le travail avec les partenaires, c’est une action à long terme, les résultats ne sont pas immédiats. Chaque année, c’est toujours un combat, même si les partenaires vous font confiance, la culture est un combat permanent. C’est toujours une lutte, il faut sans cesse prouver comment on travaille, pourquoi faire tel choix. Tout ce travail de décentralisation à Mafate par exemple, aller chez l’habitant, il faut le justifier.
 

À l’image de ce qu’on est, l’esprit de ce qu’on inspire au CDOI, on constate de plus en plus d’engouement pour le théâtre.


 BAT LA LANG

Pour aimer le théâtre, il faut aimer la lecture. Je trouve important de travailler avec des auteurs vivants, un auteur en chair et en os. Découvrir un texte lu par la bouche d’un comédien, c’est chouette.
Il n’y a pas beaucoup de gens qui écrivent pour le théâtre. C’est important de susciter des vocations.
Un mois de résidence et ce n’est pas seulement de l’événementiel. Les choses se tricotent, les compagnies découvrent un auteur, c’est le terreau des échanges, un partage avec tous les publics, les enfants, les ados, les adultes.

Ce sont des liens qui font grandir

Bat la Lang, c'est toujours un moment fort et différent à chaque édition !

Disons que cette année, on a proposé encore plus de rendez-vous aux publics dans tous les coins de l'île, que  les auteurs étaient un groupe soudé qui s' est tout de suite trouvé et la marche à Mafate y a été pour beaucoup ! Le moment de lecture tous ensemble pour les habitants de Grand Place était très fort et très émouvant pour tous...Les complicités sont nées à ce moment-là. Au théâtre on est toujours surpris de voir le public présent pour découvrir les textes en lecture. Retrouver  également des auteurs d’autres éditions présents tant aux soirées qu'aux différents stages nous conforte dans le besoin des auteurs pays d'échanger, de se confronter et de prendre plaisir à écrire ensemble.

La prochaine édition, c'est l'envie d'écrire tous dans une même résidence, mais ça, ce n’est pas gagné ! Question de moyens ! En tous cas les auteurs invités pour 2017 sont des pointures !

Ce que je retiens de cette édition 2014, ce sont des instants, l'émotion d'une participante à la lecture de son texte à la bibliothèque de la Source, le sourire des collégiens à la médiathèque du Tampon, l'accueil à la bibliothèque de la Montagne, le silence des auteurs, des comédiens, des enseignants penchés sur leurs feuilles... Et bien d'autres moments !
 

 LANGUE

J’aime travailler sur la langue, parfois des mots malgaches, parfois des mots étrangers que j’ai retenus, parfois des mots inventés… créer ma propre langue, c’est ce qui m’intéresse, je veux construire ma propre langue. Le son, la sonorité, c’est très important.
 

 ENGAGEMENT

En ce qui concerne mon engagement, je pense qu'on ne fait pas ce métier sans le défendre, avec des armes, certes dérisoires, mais quand on est persuadé que l'art est nécessaire à la société, on se bat ! Se battre ce n'est pas défendre son pré carré ou ses subventions, c'est une position citoyenne pour la culture.
La culture est transversale, elle touche tous les domaines de la société, elle modifie les relations sociales au quotidien, elle influence notre façon de percevoir le monde et nous permet de mieux vivre ensemble et de porter un regard critique et actif sur le monde qui nous entoure. Elle donne du sens à la vie.
 

Et quand on fait un travail de fond avec les publics dans les quartiers, les écoles, les associations, on se rend vite compte que notre travail a du sens par ce qu'on apporte et par ce que les gens nous apportent : un enrichissement mutuel !

 

 VIE PRIVÉE

J’ai deux garçons, complètement différents l’un de l’autre. Joan a 28 ans et Léo 12 ans. Joan n’est pas du tout dans le théâtre, mais dans la politique. Je lui ai transmis le sens de l’engagement. C’est bien, même si c’est inquiétant pour une mère.  Joan a fait Sciences Po, il est dans le combat de changement de société, de qualité de vie. Il lit beaucoup, mais des essais, il est plus dans la réflexion d’un intello que dans celle de quelqu’un qui aime le théâtre et ça rejaillit sur sa vie. Ma passion est artistique, et pour Joan, sa passion est politique.
Léo, lui est en 5e, c’est une autre génération, il est dans l’iPad. Il est très sensible, très curieux, très joueur aussi, contrairement à Joan. Il est toujours en train de courir, de taper dans une balle. Il est très critique aussi. Il fait le répétiteur. Il connaît tous les textes de tous mes rôles. Il veut être explorateur. Il adore cuisiner aussi. C’est tout un art, il va faire des commentaires sur le goût, le dressage d’un plat, les couleurs, les saveurs …Il y a là aussi quelque chose d’artistique. Léo est un bon vivant, il aime bien manger.
Joan n’a même pas de téléphone portable alors que Léo est rivé sur ses jeux sur internet…
Léo dit ce qu’il pense, souvent les enfants ont souvent raison, ils ont beaucoup de bon sens, à propos de choses très simples, ils posent des questions pertinentes sans parler de logique, mais sur des détails…

L’enfant sait que l’on fait un métier qui nous passionne, ça lui donne le goût de la passion.


 LOISIRS

Le théâtre, ce n’est pas toute ma vie, j’existe en dehors du théâtre, j’ai une vie de famille aussi. J’aime ma famille, l’endroit où je vis. J’adore cuisiner, faire des choses simples, monter à Mafate, ça me permet de prendre du recul sur ce que je fais. Cuisiner, c’est aussi le plaisir de recevoir des amis. Je suis très nulle en cinéma. Avant, j’y allais deux fois par semaine, maintenant, je n’y vais plus.
 

 RÊVE

Mon rêve pour l’avenir, ce n’est pas que tout le monde vienne au théâtre, je ne vais pas aller à l’opéra, par exemple, alors je ne vois pas pourquoi tout le monde viendrait au théâtre !
Mon rêve serait d’apporter, à un moment donné, une bulle de rêve, de questionnement, d’émotion.
Si j’avais un rêve personnel, ce serait de partir six mois avec Peter Brook découvrir  l’Afrique et les liens à tisser avec ce pays que je ne connais pas.
 

 NOUVEAUTÉ

Pour la rentrée, plein de belles choses en perspective, des spectacles invités et surtout la nouvelle création du théâtre du grand marché " Onoma ", un projet qui me tient particulièrement à cœur. Deux personnages qui affrontent l'absence et découvrent  le mystère de la vie, de la mort, des souvenirs. Ils deviennent si précieux et ils sont si fragiles, au bord du vide. Alors, comme pour arrêter le temps qui court et semble
vouloir effacer toute trace, ils ressuscitent des petits bouts de vie.

Finalement, une vie est toujours une histoire qui peut se raconter, tel un conte. Chaque vie crée sa mythologie propre, ses anges et ses démons. On se penche sur son histoire. De quoi héritons-nous? Que faire de notre héritage ? Sommes-nous prêts à être les auteurs de ce que nous engendrons, alors que nous ne cesserons jamais d’être les fils de nos pères ?