Illustration : Biomasse La Reunion - Rene Robert
Illustration : Biomasse La Reunion - Rene RobertIllustration : Biomasse La Reunion - Rene RobertIllustration : Biomasse La Reunion - Rene RobertIllustration : Biomasse La Reunion - Rene Robert

Rendez-vous avec René Robert

la Biomasse et son utilisation à La Réunion

Texte : René Robert - Photo : Marine Barre -

Sujet de plus en plus à la mode, la biomasse est l'ensemble des matières fournies par le développement des végétaux (la flore) et des animaux (la faune) ; en gros de tout ce qui correspond à l'état vivant (l'homme étant à part bien entendu...). Dans un monde où les matières premières fossiles (non renouvelables), comme le pétrole, le gaz, le charbon, deviennent rares, chacun se demande comment remplacer ces sources d'énergie qui ont permis l'incroyable révolution industrielle depuis environ trois siècles.

Dans ce texte, il ne sera question que de la biomasse végétale. Elle existe partout et se renouvelle grâce aux sols, à la pluie, au soleil. L’homme l’utilise depuis toujours soit sous forme de cueillette (bois de chauffe p. ex.) soit en développant des cultures multiples (fruits, légumes, céréales, fleurs…). Cette présence est tellement importante que personne ne s’en soucie. Devant la pénurie annoncée des sources d’énergie, beaucoup de gens se sont intéressés à ces matières premières végétales qui souvent sont sources (aussi) de contraintes (obligations de nettoyage, risques d’incendie, pestes végétales…). Et ils ont proposé de les utiliser comme moyens de production d’énergie. C’était un nouveau défi.

À La Réunion, ce défi remonte à quelques années. C’est ainsi qu’au lieu de jeter la bagasse dont on ne savait que faire, elle a été utilisée à Bois Rouge et au Gol, au moment de la coupe, pour produire de l’électricité. Depuis plusieurs années, l’Etat, la Région le Département, différentes institutions (ARER, ADEME, SPLER…) et associations ont manifesté la volonté de développer cette filière de la biomasse.

D’où viendrait cette biomasse ?  De plusieurs origines : des déchets végétaux des particuliers et des communes, de la récupération des arbres et arbustes exotiques qui sont considérés comme des " pestes végétales " (certains acacias des Hauts de l’ouest, les filaos des bas et des hauts, les jam-rosats, les arbustes épineux…), des chutes de coupes des arbres plantés par l’ONF (et par exemple du cryptoméria), des arbres brisés par les rafales des cyclones et transportés vers la mer par les crues des torrents, etc.). Un bureau d’études fait l’inventaire de ce potentiel en ce moment. Quelles sont les espaces riches en biomasse ? Quelles sont les espèces les plus prometteuses ? Est-il possible de les récolter malgré les difficultés physiques des sites réunionnais (remparts, ravines, volcanisme actif…) et en l’absence d’un réseau de pistes nécessaires aux engins ? L’étude devrait le préciser.

Cette économie nouvelle est créatrice d’emplois, permet l’installation locale de moyens de production d’énergie, va promouvoir l’importance de plus en plus sévère des économies dans le domaine énergétique. Elle est déjà digne d’intérêts. Mais il faut savoir qu’elle ne pourra pas tout régler, tout produire des besoins des Réunionnais. Face à une population qui augmente, le déficit sera sensible assez vite. Mais d’un autre côté, c’est une production de plus, une activité supplémentaire, un recentrage sur les capacités naturelles de l’île. Personne ne voit la biomasse comme la solution à l’indépendance énergétique. Tous considèrent que ce n’est pas une raison pour baisser les bras.

Dans les années qui viennent, la biomasse devrait entrer dans la liste (peu riche) des matières premières locales. Il appartient aux Réunionnais de la développer et à la fois de maîtriser les consommations d’énergie. C’est l’un des paris de la nouvelle génération.

Votre avis nous intéresse, soyez le premier à vous exprimer !