Illustration : Afrique du sud
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Voyage

Afrique du sud : le goût de l'aventure

BAT'CARRE N° 5 | Texte : Marine Veith - Photo : Serge Marizy -

En partant de Johannesburg, la route qui mène au mythique parc Kruger passe par des paysages à couper le souffle et des lieux chargés d'histoire. Blyde River Canyon, le troisième canyon du monde par la profondeur et Pilgrim's Rest, reconstitution du premier village de chercheurs d'or, sont des étapes incontournables avant une plongée dans l'univers magique des Big Five, mais aussi d'animaux plus particuliers comme le grand koudou ou les élégants impalas.

À seulement trois heures d'avion de La Réunion, Johannesburg bâtit sa société post-apartheid. La capitale économique de l'Afrique du Sud est aussi la capitale du continent. 350 des 500 plus grandes entreprises africaines y sont domiciliées et 25% de la richesse de l'Afrique y est produite tandis que la plus grande pauvreté continue à sévir dans les townships. La ville est à l'image du pays : une terre de contrastes à la diversité singulière et aux richesses considérables. Des gratte-ciels immenses du centre-ville à Soweto, on passe de la plus grande modernité aux cabanes numérotées où l'eau coule encore au robinet collectif.

Des paysages à couper le souffle

Cap à l'est. La route est belle. Puis, les arbres se raréfient, la température devient accablante... Six heures de voiture nous séparent de la région de Mpumalanga et du parc Kruger. Le Blyde River Canyon se dessine. Il s'agit du troisième canyon le plus profond au monde. Paysages grandioses de gorges, de reliefs abrupts, de cascades alimentées par des pluies abondantes. Les points de vue sont exceptionnels comme celui de la “Fenêtre de Dieu” où a été tourné le célèbre film “Les Dieux sont tombés sur la tête”. Les trois Rondavels en forme de huttes traditionnelles surplombent la rivière, tandis qu’à la lumière du soir les massifs du canyon flamboient, là où la végétation n’a pas eu de prise. Toujours sur la route des cascades, là où se rejoignent les rivières Blyde (joyeux) et Treur (triste), le torrent dans ses tourbillons a creusé des marmites de roches de tailles et de formes impressionnantes. Ces paysages majestueux attisent bien des convoitises. Grâce à sa structure géologique particulière, l'Afrique du Sud possède d’énormes ressources aurifères et demeure le deuxième producteur d'or au monde.

L’aventure de l’or

Quand la première pépite a été découverte en 1873, les chercheurs d'or ont débarqué par milliers dans cette jolie vallée du Lowveld. Les prospecteurs ne pensaient pas s’attarder longtemps et ont construit un village en bois et en tôle ondulée, Pilgrim's Rest (ou le repos du pélerin). Et dès qu'un filon a été trouvé à Johannesburg, les orpailleurs ont déserté les lieux. Aujourd'hui, le village a été entièrement reconstitué et classé monument national. La rue principale, l’église, le cimetière, l’atelier d’imprimerie témoignent de l’histoire de ce village à l’époque de la ruée vers l’or. L'occasion d'expérimenter le mode de vie désuet des chercheurs d'or en séjournant à loisir dans l’une de ces habitations. Il est même possible de tenter sa chance à la recherche d'une pépite. Une expérience peu banale dans une Afrique du Sud insoupçonnée.

Le safari inoubliable

L'aventure continue. Six heures du matin en hiver austral, le soleil peine à réchauffer la terre. À la sortie du canyon, la plaine s’offre de toute part au mythique parc Kruger où vivent les Big Five en liberté. Lions, rhinocéros, léopards, éléphants et buffles sont les rois d'une nature sauvage et préservée dans ce parc considéré comme l’une des plus riches réserves du monde. Il faut s'y prendre tôt pour apercevoir ces majestés de la nature. À l'aube, elles vont boire, se réveillent doucement. Les croiser au hasard d'un chemin est un enchantement. Couvrant une surface de 20 000 km2, le parc Kruger est bordé à l’est par le Mozambique et à l’ouest par toute une série de réserves privées. Long de 350 km, il est en fait très étroit, 60 km en moyenne. 2500 km de routes et de pistes y sont aménagées. Les accords de 1994 ont permis d’enlever les clôtures électriques qui empêchaient les animaux de circuler librement. Cette immense réserve nationale n'offre aucune chance à ceux qui en manquent. Seul dans sa voiture, le visiteur peut tomber sur une scène magique ou... ne jamais rien voir ! Dans ce parc visité par de nombreux touristes, beaucoup de véhicules suivent le premier qui s’arrête, espérant qu’il y ait matière à observation.

Le safari en réserve privée est plus sûr. Guidé par des hommes expérimentés, un tracker assis sur un siège à l’avant du capot pour déceler toute trace animale et un ranger en contact radio permanent pour localiser les animaux. Dès qu'ils sont repérés, les jeeps n'ont de limite que la témérité de leur conducteur. Rivières, rochers, branches, ils roulent sur tout et n'hésitent pas à emmener les visiteurs au plus près d'une scène de chasse. Une marche avec les guépards, les rhinocéros, une bataille de lions ou un galop de girafe comptent parmi les expériences inoubliables d'un tel voyage. À l'écoute des bruits de la savane, les rangers se dirigent à la trace. Une odeur de pop-corn ? Un léopard est passé par là, il y a peu. Un effleurement de coussinets sur la terre rouge ? C'est un lion qui doit se prélasser dans un buisson proche. Un cri de bébé à la limite de l'angoisse ? Des hyènes ont attrapé un phacochère... Observer, admirer, s'extasier pourquoi pas retrouver son âme d’enfant... La magie opère de fait. Ici, une famille de lions rentre tranquillement de sa baignade à la rivière, là un troupeau d’impalas se régale de feuilles gorgées de suc, plus loin encore les zèbres montrent leurs crinières incroyablement dessinées de noir et de blanc. Les oiseaux ne sont pas de reste et la nature crie partout “je suis là”. La chaleur devient torride, il faut rentrer. Dans les hébergements immanquablement luxueux de ces réserves privées, le petit déjeuner est dressé face à une rivière où crocodiles et hippopotames peuvent surgir à tout moment. D’ailleurs, il y en a un qui vient d’ouvrir sa grande gueule en montrant ses affreuses dents, de quoi vous donner la chair de poule ! Puis vient l’heure de la sieste, réparatrice. Le safari repartira dans l'après-midi jusqu'à la tombée du soir, l'oeil aux aguets pour cette fois scruter les mystères de la nuit, la course du léopard et le bruit inquiétant du silence avant l’attaque.

Les nombreuses réserves sont autant de sanctuaires de biodiversité fermés et étudiés pour protéger l'équilibre de ces écosystèmes menacés. Mais le braconnage reste l’ennemi public numéro un. Un exemple, le rhinocéros avec sa corne est une des cibles lucratives des chasseurs illégaux. Sur les marchés asiatiques, un kilo de corne peut atteindre 50 000 euros.

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